La mairie de La Farlède a mis le salon de thé à l’honneur la semaine dernière en publiant un bel article qui détaille l’histoire et l’ambition du lieu. Découvrez-le ci-dessous !
Le salon « L’heure des thés » conjugue plaisirs gourmands et inclusion professionnelle. Intégré au nouvel IME, ce lieu ouvert à tous permet à des adolescents et jeunes adultes en situation de handicap de se former à la restauration, de révéler leurs talents et de trouver leur place au cœur de la vie locale.
Installé en plein cœur de La Farlède, dans l’ancien moulin de La Capelle entièrement rénové, le salon de thé « L’heure des thés » n’est pas un établissement comme les autres. Intégré au nouvel Institut médico-éducatif (IME) ouvert en septembre 2025, ce lieu chaleureux propose pâtisseries et restauration du midi… préparées et servies par des adolescents et jeunes adultes en situation de handicap.
Un projet porteur de sens, qui incarne concrètement l’inclusion professionnelle et la mixité sociale, en offrant une visibilité nouvelle aux compétences de ces jeunes, au cœur même de la cité.
Un projet mûri de longue date
« Le projet d’ouvrir un salon de thé inclusif est vieux de cinq ans au moins », explique Meggie Haussy, monitrice éducatrice et co-responsable du salon. L’idée est bien antérieure au déménagement de l’IME des Morières, auparavant isolé dans les collines de Solliès-Toucas. Désormais implanté en centre-ville de La Farlède, à proximité des écoles primaires et du collège, l’établissement accueille 48 enfants et jeunes âgés de 6 à 21 ans, favorisant les échanges et l’ouverture sur l’extérieur.
En septembre, dans le prolongement de cette dynamique, le salon de thé a ouvert ses portes en rez-de-chaussée. Aux commandes : Meggie Haussy et Aurore Candellier, toutes deux monitrices éducatrices et titulaires d’un CAP pâtisserie.
Une cuisine pédagogique… et professionnelle
« Le salon fonctionne avec les jeunes qui participent à la confection de tout ce qui est servi », souligne Meggie. Selon leurs capacités, les adolescents de 14 à 21 ans interviennent à différents niveaux : préparation des appareils, crèmes pâtissières, crèmes au citron, montage et finitions, toujours accompagnés.
Cette cuisine est le prolongement de l’atelier culinaire que les éducatrices animaient auparavant. « Avant, nous faisions une tarte en une matinée. Aujourd’hui, on en prépare une trentaine », sourit Meggie. Le changement est de taille : carte étoffée, clients réguliers et service du midi avec quiches, lasagnes, croque-monsieur, pizzas et bientôt raclettes. Côté douceurs, opéra, tartes citron ou framboise, pistache, cookies… tout est fait sur place.
« Avec ce salon, l’atelier cuisine s’est ouvert au monde extérieur. Ça fait toute la différence », insiste Aurore. Si le rythme et les exigences apportent du stress, ils révèlent aussi des talents insoupçonnés. « Pour certains, c’est une révélation », confie Meggie. « L’un d’eux est aujourd’hui capable de gérer une préparation du début à la fin ».
Trouver sa place, à son rythme
Au-delà de l’apprentissage technique, le salon apporte une reconnaissance sociale. « Être reconnus par les gens, c’est déjà beaucoup », souligne Aurore. Si certains jeunes préfèrent rester en cuisine, loin du contact avec la clientèle, d’autres apprécient pleinement la rencontre.
Une cuisine animée et joyeuse
Dans la petite cuisine, l’ambiance est studieuse mais détendue. Aurore et Meggie commencent par donner les consignes, trier les tâches et préparer la liste de courses. Camélia s’attaque à une crème au citron, Mathieu réalise les pesées pour la crème pâtissière, Aurélie coupe les oignons pour les lasagnes, Maëlys fait revenir la viande hachée, tandis que Nathan plaisante en attendant de monter les plats.
L’équipe est également épaulée par Thaïs, en service civique. Le bruit des casseroles, des fouets et des rires remplit la pièce. « On met de la musique, on fait en sorte que tout le monde soit bien et détendu pour bien travailler », expliquent les éducatrices. Il arrive même que la petite brigade pousse la chansonnette.
Concentrés mais souriants, tous semblent épanouis. À «L’heure des thés », on ne vient pas seulement pour se régaler : on vient aussi soutenir un projet humain et sincère, où chacun trouve sa place et avance à son rythme.


